Le Maquillage Semi-Permanent & Léglislation

Cindou

Cindou

Modératrice
Membre du personnel
#1
Les limites de la dermographie : des rumeurs… à la réalité.L’appellation « dermographie » se définie comme suit : déposer par une méthode de griffures des substances colorantes dans le derme à des fins esthétiques et / ou reconstructrices.
Lors du Mondial Spa & Beauté de mars dernier, Diane d’Estérel nous éclairait sur les points de législation relatifs au métier de dermographe. Profession au caractère encore marginal pour laquelle le flou législatif laisse place à de nombreuses rumeurs.





f4bdc657f343b038af080bb746cb9441.jpg



Quels termes pouvons nous utiliser ?
Depuis une vingtaine d’année, les appellations utilisées sont plutôt anarchiques. Parmi les plus courantes on retrouve : dermographie, dermo pigmentation, maquillage permanent ou maquillage semi permanent. Ces dernières années, des restrictions, voire des interdictions sont apparues concernant l’utilisation de certains termes : dermographie, dermo pigmentation, maquillage permanent. En remontant aux sources de l’information, on se rend compte qu’elles ne sont basées sur aucun texte de lois, ni décret d’application. Il s’agit en fait de comptes-rendus de comités et commissions ministériels qui régulièrement se réunissent pour clarifier le statut et le métier de dermographe. Ces comptes-rendus sont ensuite diffusés aux esthéticiennes, bien souvent par le biais de fédérations, etc. C’est donc dans l’interprétation de l’information qui se situe l’erreur. Tant qu’aucune loi ni décret n’ont été votés, ces comptes-rendus ne sont que des conseils. À ce jour, seul le sens étymologique des termes utilisés peut éventuellement nous servir de référence : dermographie signifie « écrire sur la peau », dermo pigmentation est une extension de langage, banalisée dans notre profession.




Législation en l’état concernant la méthode.
1)Le matériel.
a)Les appareils.
Concernant les appareils, aucune législation spécifique ne limite leur utilisation. La plupart des fabricants et distributeurs proposent désormais des appareils très corrects c’est à dire qui permettent de travailler régulièrement , à bonne profondeur du derme, et sans abîmer les tissus. Pensez également à vérifier la qualité du service après vente.

b)Les pigments.
Depuis le 9 août 2004, la législation européenne impose à tout fabricant la vérification de leur pigment par l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSPS). Ce contrôle permet de vérifier la conformité des pigments destinés à la mise sur le marché, notamment en matière de composants, mode de fabrication et de conditionnement. La législation européenne étant plus draconiennes que la Food & Drink Administration, assurez vous que les pigments américains que vous pouvez acheter, satisfassent aux exigences législatives européennes.
Réf : LOI n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique (1) :
Au niveau de l’étiquetage du flacon de pigment, la loi exige que la composition, le numéro de lot, la date de péremption, l’identification du fabricant, l’agrément CEE soient obligatoirement mentionnés sur l’étiquette de tout pigment commercialisé dans l’espace européen depuis la loi du 9 août 2004.

2)La technique.
a)La griffure.
La fameuse technique de la griffure est au cœur du débat depuis que les esthéticiennes pratiquent la dermographie ! Le fait de franchir l’épiderme nous fait-il basculer dans l’acte médical ? En fait, tout est dans la manière de le franchir et il y a la plupart du temps confusion entre l’injection et l’aiguille. Une aiguille est un matériel, une injection est une technique. L’injection d’introduire un produit médicamenteux préalablement aspiré au niveau sous- cutané, musculaire ou intra-veineux. L’acte de l’injection est légiféré et exclusivement réservé au corps médical. A matériel égal, la technique de dermographie est totalement distincte : il s’agit de déposer une substance non médicamenteuse selon une technique de griffures (et non de piqûres). Certes le derme superficiel est atteint, mais le fait d’y accéder par griffure bénéficie d’une absence totale de législation. D’autant plus que la notion de profondeur n’est pas soulevée par la législation.


d751533767b834cabc613d5504ea4149.jpg



b)
Les modalités de réalisation.

La pratique de la dermographie est, en France et dans les territoires d’Outre-Mer, régie par les articles L1 à L11 du code de la santé publique (L86-17du 6 janvier 1986.Art. 67 et Décret 86.770 du 10 juin 1986).
Ces dispositions fixent les règles générales d’hygiène et toutes autres mesures propres à préserver la santé de l’homme, notamment en matière :
- de prévention de maladies transmissibles
- d’évacuation des déchets
- d’aménagement des locaux professionnels (Art.117 règlement sanitaire départemental type)

- d’hygiène générale (Art.116 du Règlement Sanitaire Départemental Type ou RSDT) et des maladies dont la déclaration est obligatoire (JO 14 juin 1986)

La synthèse de ces textes et précédents fait obligation (Art.117 du RSDT) :
- aux locaux d’exploitation d’être convenablement aérés, éclairés, et de répondre aux prescriptions d’hygiène concernant les locaux de travail (Code du travail : hygiène et sécurité des travailleurs),
- ces locaux sont interdits à l’habitation et au commerce des denrées alimentaires,
- les meubles à usage professionnel ne peuvent être utilisés dans un autre but et doivent être nettoyés fréquemment,
- les déchets de coton, balayures et autres doivent être aussitôt recueillis dans 1 récipient muni d’un couvercle.
Art.118 du RSDT traitant de l’hygiène générale :
- Les objets et instruments employés doivent être entretenus de manière à n’être en aucun cas une cause de transmission d’affections contagieuses et l’opérateur doit pour chaque client désinfecter ses instruments.
- Sans préjudice des mesures habituelles d’hygiène vestimentaire et corporelle…, les praticiens doivent, lorsqu’un client présente des lésions de la peau ou du cuir chevelu, s’abstenir d’utiliser des instruments destinés à l’usage de la clientèle courante et employer obligatoirement un matériel spécial pour lequel des mesures de désinfection particulièrement rigoureuses sont adoptées.

- L’exploitant doit porter des gants à usage unique.
- Les serviettes sont renouvelées pour chaque client et l’usage de produits spéciaux restent soumis à la réglementation en vigueur.
- Les produits cosmétiques et les produits d’hygiène corporelle sont soumis aux dispositions de la loi du 10 Juillet 1975 (JO du 11-7 1975).

- Les exploitants sont tenus de fournir à leur personnel des moyens nécessaires pour que toutes les mesures d’hygiène soient respectées.
- Les infractions constatées par les agents de santé peuvent entraîner la fermeture de l’officine, une amende pénale dont le maximum est porté à 15000 F (depuis le 01/10/85) assortie d’un emprisonnement pour infraction de 4ème et 5ème classe

Vous trouverez également dans le compte-rendu de la séance du 15 septembre 2000 du Conseil Supérieur d’Hygiène Publique des avis et recommandations relatifs à l’hygiène.

8d46a6240357f3d2894dfff31bf9f0b3.jpg



Législation en l’état concernant la formation et la qualification.
Soyez vigilantes, la qualification et, pire encore, la formation s’effectue dans un flou législatif total. Actuellement, n’importe qui, sans aucune connaissance, savoir faire, peut devenir dermographe ou formateur en dermographie ! Beaucoup de dermographes sont trop peu formées. Ce qui explique pourquoi les assurances sont devenues très méfiantes suites aux nombreux dégâts que des soi-disant professionnelles ont provoqués par manque d’hygiène et/ou de tracé.
Concernant le recours législatif possible en cas d’erreur de tracé, hors problème d’hygiène et de pigments, sachez que vous ne pouvez être attaqué sur ce point tant que le vide législatif concernant la qualification et la formation existe.
En conclusion, le métier de dermographe implique de grandes responsabilités : vérification et suivi de la législation, respect et application des lois et décrets en vigueur, choix d’une formation de qualité, et maîtrise totale des techniques. Les dermographes consciencieuses, chevronnées sont unanimes : dans ce métier, le droit à l’erreur est de zéro.
 
SamDermaFitCenter

SamDermaFitCenter

PROFESSIONEL
ENTREPRISE
#2
Re : Le Maquillage Semi-Permanent & Léglislation

Merci Cindou !
 
A

annadermo

Guest
#3
Re : Le Maquillage Semi-Permanent & Léglislation

Les limites de la dermographie : des rumeurs… à la réalité.L’appellation « dermographie » se définie comme suit : déposer par une méthode de griffures des substances colorantes dans le derme à des fins esthétiques et / ou reconstructrices.
Lors du Mondial Spa & Beauté de mars dernier, Diane d’Estérel nous éclairait sur les points de législation relatifs au métier de dermographe. Profession au caractère encore marginal pour laquelle le flou législatif laisse place à de nombreuses rumeurs.





f4bdc657f343b038af080bb746cb9441.jpg



Quels termes pouvons nous utiliser ?
Depuis une vingtaine d’année, les appellations utilisées sont plutôt anarchiques. Parmi les plus courantes on retrouve : dermographie, dermo pigmentation, maquillage permanent ou maquillage semi permanent. Ces dernières années, des restrictions, voire des interdictions sont apparues concernant l’utilisation de certains termes : dermographie, dermo pigmentation, maquillage permanent. En remontant aux sources de l’information, on se rend compte qu’elles ne sont basées sur aucun texte de lois, ni décret d’application. Il s’agit en fait de comptes-rendus de comités et commissions ministériels qui régulièrement se réunissent pour clarifier le statut et le métier de dermographe. Ces comptes-rendus sont ensuite diffusés aux esthéticiennes, bien souvent par le biais de fédérations, etc. C’est donc dans l’interprétation de l’information qui se situe l’erreur. Tant qu’aucune loi ni décret n’ont été votés, ces comptes-rendus ne sont que des conseils. À ce jour, seul le sens étymologique des termes utilisés peut éventuellement nous servir de référence : dermographie signifie « écrire sur la peau », dermo pigmentation est une extension de langage, banalisée dans notre profession.




Législation en l’état concernant la méthode.
1)Le matériel.
a)Les appareils.
Concernant les appareils, aucune législation spécifique ne limite leur utilisation. La plupart des fabricants et distributeurs proposent désormais des appareils très corrects c’est à dire qui permettent de travailler régulièrement , à bonne profondeur du derme, et sans abîmer les tissus. Pensez également à vérifier la qualité du service après vente.

b)Les pigments.
Depuis le 9 août 2004, la législation européenne impose à tout fabricant la vérification de leur pigment par l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSPS). Ce contrôle permet de vérifier la conformité des pigments destinés à la mise sur le marché, notamment en matière de composants, mode de fabrication et de conditionnement. La législation européenne étant plus draconiennes que la Food & Drink Administration, assurez vous que les pigments américains que vous pouvez acheter, satisfassent aux exigences législatives européennes.
Réf : LOI n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique (1) :
Au niveau de l’étiquetage du flacon de pigment, la loi exige que la composition, le numéro de lot, la date de péremption, l’identification du fabricant, l’agrément CEE soient obligatoirement mentionnés sur l’étiquette de tout pigment commercialisé dans l’espace européen depuis la loi du 9 août 2004.

2)La technique.
a)La griffure.
La fameuse technique de la griffure est au cœur du débat depuis que les esthéticiennes pratiquent la dermographie ! Le fait de franchir l’épiderme nous fait-il basculer dans l’acte médical ? En fait, tout est dans la manière de le franchir et il y a la plupart du temps confusion entre l’injection et l’aiguille. Une aiguille est un matériel, une injection est une technique. L’injection d’introduire un produit médicamenteux préalablement aspiré au niveau sous- cutané, musculaire ou intra-veineux. L’acte de l’injection est légiféré et exclusivement réservé au corps médical. A matériel égal, la technique de dermographie est totalement distincte : il s’agit de déposer une substance non médicamenteuse selon une technique de griffures (et non de piqûres). Certes le derme superficiel est atteint, mais le fait d’y accéder par griffure bénéficie d’une absence totale de législation. D’autant plus que la notion de profondeur n’est pas soulevée par la législation.


d751533767b834cabc613d5504ea4149.jpg



b)Les modalités de réalisation.
La pratique de la dermographie est, en France et dans les territoires d’Outre-Mer, régie par les articles L1 à L11 du code de la santé publique (L86-17du 6 janvier 1986.Art. 67 et Décret 86.770 du 10 juin 1986).
Ces dispositions fixent les règles générales d’hygiène et toutes autres mesures propres à préserver la santé de l’homme, notamment en matière :
- de prévention de maladies transmissibles
- d’évacuation des déchets
- d’aménagement des locaux professionnels (Art.117 règlement sanitaire départemental type)
- d’hygiène générale (Art.116 du Règlement Sanitaire Départemental Type ou RSDT) et des maladies dont la déclaration est obligatoire (JO 14 juin 1986)

La synthèse de ces textes et précédents fait obligation (Art.117 du RSDT) :
- aux locaux d’exploitation d’être convenablement aérés, éclairés, et de répondre aux prescriptions d’hygiène concernant les locaux de travail (Code du travail : hygiène et sécurité des travailleurs),
- ces locaux sont interdits à l’habitation et au commerce des denrées alimentaires,
- les meubles à usage professionnel ne peuvent être utilisés dans un autre but et doivent être nettoyés fréquemment,
- les déchets de coton, balayures et autres doivent être aussitôt recueillis dans 1 récipient muni d’un couvercle.
Art.118 du RSDT traitant de l’hygiène générale :
- Les objets et instruments employés doivent être entretenus de manière à n’être en aucun cas une cause de transmission d’affections contagieuses et l’opérateur doit pour chaque client désinfecter ses instruments.
- Sans préjudice des mesures habituelles d’hygiène vestimentaire et corporelle…, les praticiens doivent, lorsqu’un client présente des lésions de la peau ou du cuir chevelu, s’abstenir d’utiliser des instruments destinés à l’usage de la clientèle courante et employer obligatoirement un matériel spécial pour lequel des mesures de désinfection particulièrement rigoureuses sont adoptées.
- L’exploitant doit porter des gants à usage unique.
- Les serviettes sont renouvelées pour chaque client et l’usage de produits spéciaux restent soumis à la réglementation en vigueur.
- Les produits cosmétiques et les produits d’hygiène corporelle sont soumis aux dispositions de la loi du 10 Juillet 1975 (JO du 11-7 1975).
- Les exploitants sont tenus de fournir à leur personnel des moyens nécessaires pour que toutes les mesures d’hygiène soient respectées.
- Les infractions constatées par les agents de santé peuvent entraîner la fermeture de l’officine, une amende pénale dont le maximum est porté à 15000 F (depuis le 01/10/85) assortie d’un emprisonnement pour infraction de 4ème et 5ème classe

Vous trouverez également dans le compte-rendu de la séance du 15 septembre 2000 du Conseil Supérieur d’Hygiène Publique des avis et recommandations relatifs à l’hygiène.
8d46a6240357f3d2894dfff31bf9f0b3.jpg



Législation en l’état concernant la formation et la qualification.
Soyez vigilantes, la qualification et, pire encore, la formation s’effectue dans un flou législatif total. Actuellement, n’importe qui, sans aucune connaissance, savoir faire, peut devenir dermographe ou formateur en dermographie ! Beaucoup de dermographes sont trop peu formées. Ce qui explique pourquoi les assurances sont devenues très méfiantes suites aux nombreux dégâts que des soi-disant professionnelles ont provoqués par manque d’hygiène et/ou de tracé.
Concernant le recours législatif possible en cas d’erreur de tracé, hors problème d’hygiène et de pigments, sachez que vous ne pouvez être attaqué sur ce point tant que le vide législatif concernant la qualification et la formation existe.
En conclusion, le métier de dermographe implique de grandes responsabilités : vérification et suivi de la législation, respect et application des lois et décrets en vigueur, choix d’une formation de qualité, et maîtrise totale des techniques. Les dermographes consciencieuses, chevronnées sont unanimes : dans ce métier, le droit à l’erreur est de zéro.


Merci
c'est un article très intéressant mais d'où vient il? d'une revue? d'un site?
Merci
Anna
 
K

kriss83

Guest
#4
Re : Le Maquillage Semi-Permanent & Léglislation

Bonsoir, C'est Diane d'Estérel qui a écrit cet article?
Biz
Kriss
 
F

fashionista971

Guest
#8
Re : Le Maquillage Semi-Permanent & Léglislation

bonjour , je recherche un bon centre pour me former , pour etre dermographe merci