Re : Je veux ouvrir un bar a sourire, qui sait comment?
Les bars à sourire se casseront-ils les dents ? - L'Avenir
Les bars à sourire se casseront-ils les dents ?
- Source: L'Avenir
- Anne SANDRONT
L‘Europe a tranché, la Belgique s’apprête à suivre : blanchir ses dents à la maison ou dans un bar à sourire sera garanti sans peroxyde d’hydrogène.
« L
es bars à sourire vont devoir fermer leurs portes. Il faut le temps que la directive soit traduite dans la législation belge, mais c’est devenu une pratique interdite », dit Michel Devriese, président de la fondation pour la santé dentaire.
L’Europe interdit l’usage du peroxyde d’hydrogène ailleurs que dans les cabinets dentaires. Mais cela ne suffira pas à condamner les bars à sourire, car beaucoup d’entre eux respectaient déjà les dosages préconisés par la nouvelle directive. Jan Eyckmans, porte-parole au service public fédéral de la santé publique : «
Le changement de loi belge devrait être effectif début 2012 : nous sommes déjà en train de préparer les informations pour les bars à sourire.» Selon lui, la loi ne devrait pas changer grand-chose. «
Actuellement on trouve dans certains bars des produits qui dépassent le taux de 0,1 % de peroxyde. Mais cela concerne moins de la moitié des instituts, et c’est souvent dû à une mauvaise information. Les nouveaux produits, utilisés dans ces bars, respectent la loi… C’est une façon de blanchir les dents différente de celle des dentistes, qui ont été formés pour travailler avec des peroxydes.»
Un marché ouvert
Anne Lejeune a ouvert un bar à sourire à Namur en octobre dernier. «
L’idée m’est venue en regardant l’émissionCoûte que coûte
sur RTL. » Gérante, elle décide de prendre en charge elle-même sa formation de deux jours auprès de son fournisseur, à Paris, alors qu’aucune qualification n’est requise pour ouvrir ce type d’établissement. «
On voit parfois n’importe quoi, un manque d’hygiène total ! Je ne voulais pas de cela. »
Elle a testé sur elle ses produits, sans peroxyde d’hydrogène : «
Ça fonctionne, et il n’y a pas d’effets secondaires, comme des dents douloureuses… » Contrairement à certains de ses collègues, elle envoie d’abord le client chez le dentiste : il faut que les dents soient saines, sans caries et bien détartrées… Sinon, l
a demi-heure passée sous la lampe et les 79 € dépensés sont jetés à la poubelle.
La durée de « l’effet dents blanches » est limitée dans le temps. Certaines adeptes des bars à sourire voient la visite comme un acte de beauté à accomplir avant de se rendre à un rendez-vous. Comme un brushing chez le coiffeur, en banc solaire, une manucure… C’est quelque chose qui ne dure pas.
Le président de la fondation pour la santé dentaire, lui, voit ces blanchiments comme
une mode qui va passer « Parce que ça demande des visites régulières. Donc de la rigueur – les gens se lassent vite – et un certain budget. ». Anne Lejeune, elle, voit son avenir dans la
diversification. «
À Namur, il y a déjà trop de bars à sourire. Moi, je veux intégrer cela dans une démarche plus globale de centre de beauté : avec aussi des soins et des massages. »
Comme pour les tatouages ?
Mais si la loi belge ratifie la directive, elle pourrait aller plus loin. Interpellée à ce sujet au sénat, la ministre de la Santé Laurette Onkelinx avait répondu : «
D’un point de vue légal, le blanchiment des dents pratiqué dans ces centres est une pratique douteuse pourtant devenue courante. » Les centres contournent la loi en ne pratiquant pas d’empreintes, en n’intervenant pas directement dans la bouche du client : c’est lui qui pose les gouttières.
Mais il est possible que la loi soit plus stricte à l’avenir. «
Si l’opportunité de légiférer ne se discute pas, je dois encore mener des concertations sur l’approche à adopter»,avait répondu Laurette Onkelinx en 2009. La ratification de la directive pourrait être l’occasion de réformer la loi davantage.