Les troubles musculosquelettiques :
DÉFINITION
Sources : INRS ; TRAVAILLERMIEUX.GOUV
Les troubles musculosquelettiques (TMS) regroupent une quinzaine de maladies qui affectent les muscles, les tendons et les nerfs des membres et de la colonne vertébrale. Ce sont des pathologies multifactorielles à composante professionnelle. Les TMS s'expriment par de la douleur mais aussi, pour ceux du membre supérieur, par de la raideur, de la maladresse ou une perte de force.
En France, les TMS des membres supérieurs sont reconnus au titre des tableaux 57, 69, 97 et 98 des maladies professionnelles (MP) du régime général et au titre du tableau 39 du régime agricole.
Les régions corporelles concernées par les TMS sont principalement les épaules
(exemple : tendinopathie de la coiffe des rotateurs), le coude
(exemple : épicondylite), les extrémités des membres supérieurs
(exemple : syndrome du canal carpien pour le poignet), le cou, et le dos.
Tous les secteurs d’activité sont touchés.
Les facteurs de risques peuvent se répartir en deux grandes familles :
FACTEURS INDIVIDUELS
Les facteurs individuels sont liés aux caractéristiques intrinsèques des individus (le sexe, l’âge, les antécédents médicaux…).
Il existe une « sensibilité individuelle » qui fait que pour un même geste effectué, certaines personnes auront une tendinite, et d’autres pas.
FACTEURS ENVIRONNEMENTAUX
FACTEURS BIOMÉCANIQUES
Les principaux facteurs biomécaniques sont la répétitivité des gestes, les efforts excessifs, les zones articulaires extrêmes, le travail en position maintenue, ils sont déterminés par différentes caractéristiques du travail (aménagement du poste, organisation du travail…) :
- LA FORTE RÉPÉTITIVITÉ DES GESTES
La répétitivité est définie par :
- Un nombre de mouvements par minute d’une articulation (5 gestes/min = Risque – 10 gestes/min = Danger - ED 776 INRS)
- Ou le nombre de fois où la main touche un élément de travail
- Ou par la durée du cycle de travail. (seuil: 30 secondes - ED 957 INRS).
EXEMPLE : ÉCHELLE D’ÉVALUATION UTILISÉE PAR OREGE (ANNEXE I EN BAS DE PAGE)
Les activités nécessitant un effort ne se résument pas à la manutention d’objets lourds. Il peut avoir un exercice de force dans d’autres conditions, par exemple :
- Travail avec un outil (pression mécanique par le contact direct entre la paume de la main et un objet dur)
- Assemblage de pièces
- Travail de précision
POUR ÉVALUER LA FORCE NÉCESSAIRE À UNE ACTIVITÉ, PLUSIEURS FACTEURS SONT À PRENDRE EN COMPTE (ANNEXE II EN BAS DE PAGE).
- LES ZONES ARTICULAIRES EXTRÊMES
Les amplitudes articulaires des différents sièges de douleurs (épaule, coude…) sont évaluées selon des postures de référence
(Annexe III en bas de page).
CES POSTURES DE RÉFÉRENCE ET À RISQUES SONT DÉFINIES PAR L’INRS: (ANNEXE IIIEN BAS DE PAGE)
- LE TRAVAIL EN POSITION MAINTENUE
Ces facteurs biomécaniques sont déterminés par différentes caractéristiques du travail :
- Le poste de travail, ses outils et ses équipements…
- Le port de gants, l’exposition aux vibrations, au bruit et au froid augmentent la probabilité de survenue des TMS. Ils augmentent la force de serrage.
- L’organisation du travail : Les facteurs de risque qui relèvent de l’organisation du travail ont un effet complexe sur le risque TMS. L’organisation du travail détermine en bonne partie l’intensité des autres facteurs de risque (posture, efforts, répétition). Elle peut aussi agir sur l’état psychologique des salariés en générant plus ou moins de stress.
Les principales caractéristiques de l’organisation du travail pouvant avoir un impact sur le risque TMS sont :
- La charge mentale et la cadence
- Les horaires de travail et les pauses
- Les changements technologiques
- La polyvalence
- La pression temporelle…
Le manque de pauses ou d'alternance dans les tâches ainsi qu'une durée de travail excessive sont des facteurs organisationnels qui augmentent le risque de TMS car ils ne permettent pas une récupération suffisante.