Re : En Attendant Bebe
Merci les filles d'avoir partagé un petit morceau de votre vie. Comme quoi, effectivement l'herbe n'est pas plus verte ailleurs. Je sais en tout cas, que si j'en suis là maintenant, c'est grâce à régis et uniquement à lui. J'ai pas forcément une force de caractère démentielle, et si j'ai réussi à sortir de l'engrenage du sh*t, des médocs et de l'alcool c'est parce qu'il m'a aidé à surmonter le sevrage et tout ça. Je dis pas que j'étais une intoxiquée grave, mais suffisamment pour détruire mes dernières années d'études si ça avait continué.
Et le problème revenait toujours avec cette base maternelle toxique. Je me suis toujours considérée comme le vilain petit canard, et personne à part ma grand-mère (la mère de la mienne) ne m'a aidée à me sentir normale.
Ma sœur est née un an après le mariage de mes parents qui se connaissaient depuis 3 ou 4ans et moi je suis née un mois après la prononciation du jugement de divorce, (procédure lancée vers 3 ou 4mois de grossesse). Même si ma mère a tout fait pour ne pas faire de distinction, j'ai toujours senti cette différence entre ma sœur et moi. Je n'ai pas manqué d'amour mais de soutien, tout était prétexte à moquerie contre moi, et ma mère n'a jamais essayé de me défendre parce qu'elle trouvait ça drôle, ou plutôt elle ne voyait pas le mal que ça provoquait.
On lui a présenté mon beau-père (connard fini, celui qui vote le Pen) vers mes 1an1/2 et elle est toujours restée avec lui, de peur de se retrouver toute seule plus tard. Au fur et à mesure qu'on grandissait, il s'est trouvé une alliée envers ma sœur (et sa fille qu'on ne voyait qu'aux vacances) et dès qu'ils le pouvaient, allez hop c'était moqueries à tout va, et moi qui suis plutôt timide, et qui aussi n'a jamais voulu décevoir môman, bah je n'ai jamais su comment répliquer pour me défendre (mon fantasme ultime c'est de lui planter ma fourchette sur le dos la main à en bloquer les dents dans le bois de la table)
J'ai subis ça pendant... euh je subis ça encore dès qu'il y a des spectateurs (toutes autres personnes autres que ma sœur, car il l'ignore superbement maintenant tout comme moi quand on vient chez eux) donc forcément je restreins mes visites.
J'en ai parlé à ma sœur pendant ma grossesse car j'avais le cœur gros, je lui ai vidé mon sac car je ne pouvais plus supporter ça, et elle a compris que les petites piques qu'elle m'envoyait ou ses renchérissements quand quelqu'un d'autre commençait à me faire chier que ça ne pouvait plus durer, qu'ils fallait qu'ils comprennent tous qu'à force c'était mon équilibre mental qui était en jeu, et que si ça affectait mon bébé, j'étais prête à couper les ponts plutôt que de subir ça encore des années. Le fait d'être maman elle-même l'a aussi calmée, elle a mis beaucoup d'eau dans son vin. Je pense qu'elle a compris que c'était mauvais pour l'avenir d'un enfant et son éducation qu'il se rende compte que ses parents avaient subit et subissait encore des brimades comme ça, parce que question crédibilité on a vu mieux pour arriver à faire autorité plus tard.
En tout cas, une chose est sûre, j'ai une trouille latente qui m'a toujours taraudée : Est-ce qu'un jour je ne serais pas tentée de frapper mes enfants s'il me poussaient à bout ? C'est terrible de penser ça, parce que même si je n'en suis pas au point de l'enfant battue (coups de point, etc.) j'ai quand même été giflée régulièrement jusqu'à mes... 18ans (et ouiiii !) et je ne parle pas du martinet (
Martinet (instrument) - Wikipédia) qui lui servait (à ma mère) quand sa cocotte minute débordait.
Ma mère n'a aucune patience, et plutôt que de privilégier la communication, c'était baffe, ongles dans le bras en me secouant et en essayant de me frapper comme elle pouvait sur le visage et martinet. Elle avait ce truc dans les yeux qui fait que tu te dis qu'elle n'arrêtera jamais, et même si tu sais qu'elle arrive à se contenir au bout d'un moment de lucidité, tu sais que ne sera jamais la dernière fois. En plus si je pleurais trop elle me disait d'arrêter parce que ça la soulait et si je n'y arrivais pas assez vite, hop rebelote avec la petite phrase : " Mais-tu-vas-arrêté-de-pleurer-oui !!!" (un tiret=une baffe ou une tentative)
Je peux vous dire que jamais de ma vie je n'ai fait de scandale dans un magasin comme on voit certains gosses le faire.
En tout cas, ça a duré des années et ce qui l'a motivée à arrêter instantanément, c'est le jour où, rentrée un petit peu tard du lycée car j'étais avec mon copain de l'époque, elle m'a foncé dessus, à peine la porte ouverte, la main en l'air avec son "t'étais où ?" (bah oui, elle se faisait un sang d'encre, paradoxal n'est-ce pas ?) C'était l'année où je m'étais inscrite à la boxe thaïlandaise, pour la 1ère fois de ma vie, au lieu de me cacher le visage par réflexe sous les coudes, j'ai paré son coup qui arrivait et j'ai commencé à lever le point comme d'habitude à la boxe. Ça a failli partir et là elle a eu son déclic qu'un jour c'est moi qui le ferait. Sauf que moi j'ai su me contenir.
N'empêche que malgré la boxe thaï, j'ai gardé le réflexe de me protéger le visage des bras pendant encore 4 ou 5ans après. A table quand elle tendait la main pour attraper le sel par exemple hop je me cachais et ma sœur en profitait pour se moquer en disant que je faisait exprès d'avoir un réflexe d'enfant battu alors que je ne l'étais pas. Bah oui elle ne connaissait pas ça, car elle s'arrangeait toujours pour me mettre sur le dos toutes nos conneries. Certes j'avais ma part, mais j'étais systématiquement punie pour celle de ma sœur.
Enfin bref, à la base je suis patiente, et je l'ai cultivé à merveille en gardant ce côté débonnaire et nonchalant du "c'est paas graaaaave" quand quelque chose qui arrive, même chiant, ne va pas changer le cours de l'histoire. (un verre cassé "c'est paas graaaaaave")
J'avoue par contre avoir quelques accès de folie genre :exorcist:et pourtant j'arrive à contenir la rage que j'ai en moi pour éviter de faire un carnage. Au pire je me trouve un petit coin tranquille et je me mets à hurler, sauter, taper des pieds et des poings dans le vide, jusqu'à ce que j'ai évacué toute ma tension néfaste. Et après je suis bien (et j'ai pété la gueule à personne) !!!
Voilà où j'en suis maintenant... future maman un peu flippée mais responsable... enfin j'espère.