Re : Crise d'angoisse et spasmophilie
Bonjour,
Contrairement à tout le monde, je ne vois pas la spasmophilie comme mon ennemi.
J'ai eu ma première crise à 17 ans. J'étais dans une situation de tension particulière qui durait depuis 2 ans et j'étais, sans le réaliser, dans une profonde dépression...
Bien entendu il y a le côté génétique mais c'est aussi psychologique pour moi.
J'ai fait ma première crise en étant de façon tout à fait réactionnel : j'étais amoureuse folle d'un garçon qui passaient son temps à m'humilier avec ses copains et je croyais dur comme fer ce qu'il disait de moi. Je me niais moi-même, je me dépréciais totalement intérieurement, j'étais une parfaite étrangère à moi-même, ne sachant même plus si je sentais de la joie ou de la tristesse. je passais ma vie à faire semblant pour plaire à ma classe. Mes amies se détournaient de moi. Il m'en restait une et cette dernière s'est brutalment suicidée...
Mes apprentissages scolaires étaient désastreux, j'étais surmenée par l'excès de travail qui ne m'apportait jamais qu'une satisfaction quasi nulle...
La spasmophilie a été pour moi un signal d'alarme où mon corps m'a dit : "ça suffit maintenant!!!". Elle m'ennuyais très fortement car elle me rendait ridicule à l'école et encore moins sûre de moins...Mon enfermement et isolement sociale a vraiment atteint son paroxysme à cet époque...
Mais contrairement à vous, j'ai dû apprendre à ne plus rien vouloir maîtriser : à ne plus tricher avec les apparences; à découvrir qui je pouvais et voulais être, à m'écarter des gens qui ne m'apportaient rien en changeant d'école...
peu à peu les crises ont diminués. En fait, elles ont toujours été proportionnel à mon nihilisme...elles sont mon garde-fou. Elles se manifestent lorsque je me perds moi-même, lorsque je m'égare dans des pensées + dépressive, lorsque je cesse de me respecter moi-même...
Alors, la spasmophilie est une amie qui me signale ce qui cloche et qui intervient lorsque je ne sais plus agir, parler ou identifier mes sentiments...
J'ai mis + ou - deux ans pour me reconstruire mais si je n'avais pas eu ces crises si violentes : chutes complète avec tremblement, obligation de crier, palpitations intenses, étouffement, trouble de la vue, impression d'être couper du monde, de ne pas savoir répondre tout en comprennant ce qu'on me dit, impossibilité de se maîtriser, nausée et épuisement total après la crise...la honte de la crise...
J'ai surmonter tout cela en devenant complètement quelqu'un d'autres qui n'a plus peur d'aller vers les autres, qui sait sourir, donner des petits gestes gratuits, désintéressé, j'ai appris à être moi véritablement, à ne plus avoir honte, à ne plus craindre de me retrouver stupide...
J'ai cultivé mes défauts et j'ai trouvé mes qualité, j'ai complètement reconstruit une autre personne...
C'est drôle de dire 10 plus tard, que grâce à ça, et seulement ça, ma vie sur cette terre n'aura pas été veine...
Alors, cherchez à en faire votre ami...car c'est aussi une chance (et pas un défaut)...une chance que tout le monde n'a pas...