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C'est long mais intéressant
Cabines 236 – Janvier 2011 - Actualité > Interview > Upcom
Par Anne-Sophie Gamelin
Création de l’Union Professionnelle des métiers des Cils, de l’Ongle et du Maquillage : le marché se structure !
Cela fait longtemps que les différents acteurs des métiers de l’ongle, des cils et du maquillage réclamaient une structuration de leur marché. À l’initiative d’une poignée d’entre eux, cette volonté est enfin devenue réalité ! Sous l’égide de la CNEP, la Confédération Nationale de l’Esthétique Parfumerie, l’UPCOM est aujourd’hui le premier syndicat à défendre les intérêts de ces professionnels, qui représentent une part de plus en plus importante du marché français de la beauté.
Ci-contre, Frédéric Le Cravier, Président de l'UPCOM & Béatrice Teboul, Vice-Présidente de l'UPCOM
Cabines : Comment est née l’idée de créer ce syndicat et quelles furent les différentes étapes de son élaboration ?
Frédéric Le Cravier : Que nous soyons centre de formation, fabricant ou importateur, nous formons tous des stagiaires dont le nombre s’évalue aujourd’hui à quelques milliers par an. Ces personnes sont formées à un métier bien réel qu’elles exercent pour la grande majorité d’entre elles, leur permettant ainsi de gagner convenablement leur vie. À la finalité, chaque année, ce sont quelques milliers de reconversions professionnelles, de chômeurs en moins ou d’accès au marché du travail. Toutefois, les métiers de prothésiste ongulaire ou d’extension de cils n’existent pas dans le répertoire des métiers. La création de cette union professionnelle répond donc à notre volonté de faire reconnaître ces différentes professions – prothésiste ongulaire, poseur d’extension de cils et maquilleur – en tant que métiers à part entière.
En juin 2010, à l’initiative du directeur de votre publication, Roland Buffet, une réunion multipartite a été organisée pour discuter de l’élaboration d’un syndicat. Parmi les personnes présentes, nous comptions quelques représentants des métiers des cils et de l’ongle, ainsi que Régine Ferrère, la Présidente de la CNEP, qui nous a exposé son point de vue quant à l’intérêt de créer ce syndicat.
Très rapidement, une deuxième réunion a été organisée fin juillet pour approfondir le sujet, puis une troisième début septembre au cours de laquelle ont été mis en place les statuts de l’UPCOM et ont été élus les différents membres qui allaient constituer l’équipe fondatrice de ce syndicat. Depuis, nos réunions de travail s’enchaînent.
© CREATIVE NAIL DESIGN
C. : Quel était votre objectif premier ?
F. l. C. : Le premier objectif que nous nous sommes fixé est de bâtir les référentiels métier. Celui concernant le métier de prothésiste ongulaire est déjà quasiment finalisé, nous sommes sur le point d’achever ceux des métiers de poseur d’extension de cils et maquilleur.
C. : Qu’est-ce qu’un référentiel métier ?
Béatrice Teboul : Pour prendre l’exemple du métier de l’ongle, le référentiel métier est un descriptif très précis de ce que doit obligatoirement recouvrir l’enseignement dispensé par les centres de formation adhérents au programme de l’UPCOM, de façon à ce que la stagiaire puisse travailler en toute conformité en étant titulaire d’un certificat de formation.
Outre les techniques de prothésie ongulaire propres à chaque fabricant ou centre de formation et qu’ils seront libres d’enseigner, ce référentiel métier inclura un Tronc commun obligatoire d’une durée de plusieurs jours. Celui-ci enseignera des notions très précises sur l’hygiène, la sécurité et l’environnement, sur l’aspect administratif et commercial de ce métier (présentation, accueil clientèle, prise de rendez-vous, etc.), sur la législation concernant les fabricants, importateurs et centres de formation utilisant et/ou vendant des produits cosmétiques (produits autorisés ou non, obligations de marquage, obligations de déclaration auprès de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé et Cosmétique, des centres anti-poison…).
Pour que l’existence de ces métiers et le sérieux des formations soient reconnus, ces référentiels seront prochainement présentés aux autorités de tutelle.
Pour donner du poids et surtout une crédibilité et une qualité irréprochables à ce programme vis-à-vis du ministère de la Santé, les programmes d’hygiène, sécurité et environnement seront validés par les sociétés savantes de médecine correspondant à chaque corps de métier : la Société Française de Dermatologie pour les ongles, la Société Française d’Ophtalmologie pour les métiers des cils et du maquillage.
C. : Quelles seront vos actions suivantes ?
F. l. C. : Notre seconde mission sera de préparer la mise en place de CQP (Certificat de Qualification Professionnelle). Créé par une branche professionnelle, le CQP permet aux salariés d’acquérir une qualification opérationnelle reconnue.
C’est un projet beaucoup plus ambitieux et complexe, qui nécessitera davantage de temps pour sa mise en place.
Conjointement à cela, nous travaillons à l’élaboration d’un label qualité UPCOM que pourront revendiquer les personnes ayant suivi une formation labellisée et pratiquant leur métier selon les critères établis. En effet, dans un proche avenir, il s’agit également de lutter contre des centres de formation ou des distributeurs de produits qui ne respecteraient pas la charte qualité et les législations mises en place. Il en va de même pour les prothésistes ongulaires, poseurs d’extensions de cils, maquilleurs pratiquant en institut ou sur le terrain. Du fait de l’absence de réglementation et de charte, on voit aujourd’hui fleurir des instituts qui ne respectent en rien les minimums d’hygiène et de qualité de prestation requis, sous couvert de prestations à bas prix. C’est inacceptable, il s’agit là d’une concurrence purement déloyale envers les milliers de stagiaires qui ont choisi d’apprendre et d’exercer leur métier avec le maximum de qualité. Leurs clientes doivent le savoir et nous le leur ferons savoir !
Pour les prothésistes ongulaires et autres spécialités, déjà expérimentées, la validation sera rétroactive, à la condition qu’elles aient effectué leur formation dans un des centres adhérents à la charte qualité UPCOM.
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L’autre enjeu majeur de la création de l’UPCOM est de défendre la profession, car les syndicats signataires de la Convention Collective actuelle souhaitent que l’exercice du métier de prothésiste ongulaire, poseur d’extension de cils ou maquilleur soit assujetti à l’obtention du CAP ou du Bac Pro Esthétique Cosmétique Parfumerie. À ce titre, attention, des informations erronées circulent aujourd’hui visant à semer la confusion et indiquant que pour exercer ces professions, il est ou il sera nécessaire d’avoir obtenu son diplôme d’esthéticienne. Il s’agit là d’une pollution médiatique sans fondement, car je rappelle que l’ensemble de ces professions n’est pour l’instant soumis à aucune obligation de diplômes. Cela n’a d’ailleurs aucune logique ni aucun sens, car nous ne voyons pas l’utilité pour une prothésiste ongulaire qui souhaite uniquement exercer cette activité à l’exclusion de toute autre prestation, d’avoir à apprendre l’ensemble des techniques d’épilation, de modelage corporel, de soins du visage, etc. pour réaliser des prothèses d’ongles !
Nous pensons effectivement que ces métiers doivent faire partie de la Convention des métiers de l’esthétique, car ils sont périphériques, mais dans une même convention, différents métiers peuvent cohabiter - esthéticiennes, prothésistes ongulaires, poseurs d’extension de cils, maquilleurs, centres de bronzage… sans que tous nécessitent obligatoirement l’apprentissage d’un cursus complet d’esthéticienne. C’est d’ailleurs le cas des opérateurs UV qui n’ont qu’une seule obligation, celle de passer le certificat d’opérateur UV pour exercer leur métier.
Si nous ne nous organisions pas afin de revendiquer notre professionnalisme, le sérieux de nos formations, la qualité de nos produits et la haute qualification de nos stagiaires, le risque serait de voir alors disparaître des milliers d’opportunités d’emplois, ô combien précieuses en ces temps difficiles.
C. : Aujourd’hui, avec la publication de cette interview, vous commencez à communiquer sur la création de ce syndicat ; avez-vous également le projet de mettre en place une communication vers le grand public ?
B. T. : Nous allons bien évidemment organiser en cours d’année des communications vers le grand public afin qu’une future cliente souhaitant se faire faire les ongles, poser des cils ou maquiller, sache qu’en choisissant un professionnel labellisé UPCOM, elle aura la garantie qu’il a suivi une formation de haute qualité et qu’il exerce dans les règles de l’art et dans les meilleures conditions d’hygiène possibles.
Avant cela, nous allons d’abord mettre en place les bulletins d’adhésion. L’UPCOM regroupe ainsi deux collèges : le premier représente les fabricants, les centres de formation et les importateurs ; le second rassemble les prothésistes ongulaires, les poseurs d’extension de cils et les maquilleurs, dont la cotisation est de 100 € par an.
C. : Que leur apportera le fait d’adhérer à l’UPCOM ?
B. T. : En premier lieu, les adhérents seront protégés par un syndicat qui va défendre leurs intérêts. Nous allons mettre en place des systèmes d’assurance spécifiques à leur métier, nous les soutiendrons avec des conseils juridiques, fiscaux, administratifs… Nous allons également concevoir des outils tels des cartes professionnelles, de l’affichage pour le label qualité…
Il est clair que maintenant, nous lançons l’appel aux adhésions, car un syndicat n’est reconnu que s’il est représentatif de la profession. C’est pourquoi j’invite tous les professionnels concernés à rejoindre l’UPCOM pour défendre leurs positions, sous peine de voir disparaître leur métier en tant que tel et surtout d’avoir demain les plus grandes difficultés à l’exercer.
C. : Quelques mots en conclusion ?
F. l. C. : L’UPCOM n’est pas un syndicat isolé, puisqu’il fait partie des syndicats adhérant à la CNEP ; je tiens d’ailleurs ici à remercier Régine Ferrère, Présidente de la CNEP, François Forget, Secrétaire Général de la CNEP, et Fred Ghenassia, Délégué Général de la CNEP, pour le formidable soutien qu’ils nous ont apporté.
Merci également aux marques fondatrices de l’UPCOM, dont l’implication a permis sa création, et bien sûr à Roland Buffet, qui a été le moteur de ce projet. Vous l’avez compris, l’UPCOM est votre syndicat et nous allons tout faire pour défendre votre légitimité, vos professions et votre savoir-faire !
Une présentation de l’UPCOM sera effectuée dans le cadre des conférences du Mondial Spa & Beauté 2011.
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