Re : Signature de la nouvelle convention collective nationale avec CQP Styliste ongul
Pfiou que de lecture. Mais je voulais m'informer (et le devais, en tant que jeune chef d'entreprise) depuis longtemps.
Bon, je vais essayer de pas trop rentrer dans le tas, ça la fout toujours mal en tant que p'tite nouvelle ^^.
Comme pas mal de nénettes ici, je trouve dommage les conflits perso et agressions, dans lesquelles je ne rentrerais pas, par souci de transparence et neutralité. Mais se battre comme des chiffonniers ne mènera clairement à rien, on sera toutes (tous !?) perdantes.
Ensuite, j'aimerais expliquer mon parcours en quelques lignes, pour faire comprendre aux différentes parties, et notamment celles qui croient qu'une bonne PO n'est qu'une PO qui a suivi X formations, etc etc, que formation n'équivaut pas à compétence (mais ça vous vous en doutez hein ^^).
Mon aventure avec l'onglerie a débuté à mes 17 ans quand j'ai débarqué solo sur Nice.
Vilaine rongeuse, et étudiante fauchée, pas de budget des poses tous les 15j (et souvent pourraves en +... Sur la côte les PO de merde à 20€ ça pullule, comme les chinoises... ) pour arrêter de faire de mes doigts des gnocchi ensanglantés ^^
La solution ? centre de forma en tant que modèle... C'était le début de l'émergence de la profession. Puis à force de me faire laminer les cuticules, d'avoir des poses de merde pas rattrapées par la formatrice, des décollements, et même une fois une mycose due à une infiltration d'eau dans une bulle d'air, je me suis dit "après tout j'ai des années de dessin, d'art plastique et autres activités très manuelles derrière moi, alors je vais tenter seule comme une grande". 100€ en poche, ebay, boutique SNC j'achète un kit allemand 1er prix. J'apprends sur le tas, sans formation, je fouine et je progresse... ça devient un loisir, puis une passion : changer de déco, de couleurs toutes les semaines est devenu un besoin, me faire complimenter sur mes jolies mains une jolie revanche.
Je pose sur mes copines jalouses pour rendre service, et puis comme toutes, sur des modèles pour progresser. Parfois avec des trucs moches, je l'avoue lol (et je fais encore des erreurs parfois).
Mais suis toujours étudiante (et salariée à côté) et je ne me destine pas à ça, et je suis surtout toujours artiste : 8 ans de peinture sur soie, 3 ans d'aquarelle (ça aide beaucoup pour le one stroke ^^) et 5 ans de photo et j'en passe (collage serviette papier, patine, déco intérieure, couture). Et j'apprends le massage pierre chaude, je m'initie au shiatsu et la relaxation. Enfin le domaine "bien être et accord avec son corps" m'attire clairement.
En octobre dernier, j'ai mon master. Je voulais être "chef" dans un service de collectivité, mais la loi du marché du travail est dure. Je deviens donc responsable marketing là où j'avais mon contrat étudiant et je commence à intensifier les poses et à avoir quelques clientes (je le concède, pendant quelques mois au black :s).
Début 2011, je passe une formation de perfectionnement sur 3 jours, pour corriger ce que j'ai appris en autodidacte, et voir quelques trucs bonus. Et je me lance discrètement dans l'aventure : je serai ma patronne mi-2011 tout en gardant à temps partiel mon emploi dans un 1er temps.
Mes interrogations et inquiétudes, les voilà (alleluia, je sais je suis bavarde !). J'ai cru comprendre qu'on reprochait aux PO de pas assez se former (il faudrait un CAP apparemment). Les nanas qui ne font pas de formation de base comme moi (ou des journées de perfectio) et qui n'ont pas 2 ans d'ancienneté sont donc condamnées à mettre la clé sous la porte avec votre CQP : pensez-vous que ça soit judicieux de leur barrer la route ? Si j'écoute certains discours, en gros seule les esthéticiennes sont compétentes.
Et pourtant, perso je vois de loin le lien entre esthéticienne et PO. Pour être PO il faut avoir un certain regard et sens artistique, beaucoup d'imagination. Sans dénigrer les esthéticiennes, une manucure c'est un protocole simple sans subjectivité, pas besoin d'art, pareil pour une épilation, etc. Et beaucoup d'esthé disent d'elles-même qu'elles sont incapables d'être PO. Comme pas mal de PO n'ont pas l'envie d'être ésthé. Attention je ne dénigre aucune compétence ou métier (je vous vois venir ^^)
Alors pourquoi tout mélanger, torchon, serviette, et vouloir absolument foutre à mal les PO en place, même celle qui n'ont pas 15 ans d'expérience et 6 mois de formation ?? La sélection dans le métier se fait seule, avec du temps certes, mais une PO de merde, même avec un tarif attractif, se tue toute seule, la clientèle fuit et vient à nous pour qu'on récupère les dégâts.
Réglementer oui ! Mais pas en désavantageant, pas en barrant la route aux passionnées qui économisent pour s'autofinancer afin de se reconvertir et monter leur projet.
Demain tu veux être cuisinière à domicile (c'est de + en + la mode), si tu n'as pas de CAP, personne va te faire chier. Tu veux être artiste-peintre, idem. Pareil pour les massages. Un boulanger, est-ce qu'on lui demande un CAP cuisinier ou vendeur pour ouvrir sa boulangerie et servir ses clients?
Tant que tu as le savoir (approuvé ! d'où l'intêret de l'idée d'un examen au CCP) dans ton domaine et le respect de l'être humain, c'est l'essentiel je crois. Pour esthé c'est un peu différent, les soins attraient directement au corps même pur et dur (risque de brûlure, mauvaise manip, etc). Et donc je concède que le CAP est indispensable dans ce cas.
Enfin voilà mon humble avis, je trouve ça vraiment dommage les réactions de certaines... Le but d'une passion c'est pas toutes de s'entraider ? Oo